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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme
Centre Camille Jullian
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13094 Aix-en-Provence
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Mission Hydrosyra 2019

Dans le cadre du projet Amidex WaterTraces, la mission Hydrosyra* du Centre Camille Jullian a effectué une campagne de relevés et de prospections sur un tronçon de l’aqueduc du Galermi communément appelé le Grottone (Syracuse, Sicile) entre le 1er et le 14 juillet 2019, .

L’équipe était composée de :

  • Sophie Bouffier (coordinatrice),
  • Vincent Dumas, Marcello Turci, Giovanni Polizzi (CCJ),
  • Vincent Ollivier et Michel Fontugne (LAMPEA),
  • Olivier Bianchimani (Septentrion).

O. Bianchimani procède aux relevés des parois internes
de l’aqueduc de Grottone. (Cliché G. Polizzi)

 

Elle a concentré les travaux sur la poursuite du relevé photogrammétrique, notamment celle d’un tronçon antique aujourd’hui désaffecté, rare opportunité pour un aqueduc utilisé depuis plus de 2 millénaires et qui a connu de nombreux remaniements. Le relevé a été assuré par Olivier Bianchimani (Association du Septentrion), en collaboration avec Pierre Drap (LSIS, CNRS/AMU) ; on a ainsi mis en lumière le tracé très irrégulier de la conduite originelle, située à plus de 25 m du plan de campagne, ainsi que les techniques de creusement du canal.

La prospection de terrain a également conduit à la découverte de plusieurs signes de travail sur l’aqueduc : inscriptions peintes en rouge, qui semblent révéler le travail des géomètres pour assurer la déclivité du canal et le bon écoulement de l’eau vers la ville de Syracuse. Par ailleurs, l’étude hydrogéologique a été poursuivie et a conforté les résultats des campagnes antérieures sur les captages mis en place par les commanditaires antiques.

Exploration d’un regard du Grottone. (Cliché G. Polizzi)

 

Une première lecture de l’inscription byzantine relevée en 2016 a identifié une nouvelle phase de l’ouvrage : l’empereur byzantin, Constans 2, qui avait fait de Syracuse une résidence impériale et qui y a été assassiné en 668 de notre ère, avait ordonné la rénovation de l’aqueduc en 666. Un des chaînons manquants de l’histoire de l’aqueduc est donc apparue, et qui pourrait contribuer à combler le vide de notre documentation entre l’Antiquité et le 16e siècle. L’inscription, en cours d’étude la part de Vittorio Rizzone (Université de Catane), fera l’objet d’un article collectif car elle apporte des données très importantes pour l’histoire de Syracuse au 7e siècle en mettant en lumière la politique locale de l’État byzantin méconnue jusqu’alors.

* HYDROSYRA – Gestion des ressources en eau d’un territoire méditerranéen de l’Antiquité à nous jours : le cas de l’aqueduc du Galermi à Syracuse, projet lauréat du Programmed Interdisciplinary Research Actions in the Mediterranean (APRIMED) 2015-2016 du LabexMed